La commune de Caracol couvre une superficie de 76,7 km2. Elle compte deux sections communales (Champin et Glaudine) et quatorze habitations. La population de Caracol est estimée à environ 6.236 habitants (IHSI, 2003). Elle est bornée au Nord par l'Océan Atlantique, à l'Est par Terrier-Rouge, au Sud par Limonade et à l'Ouest par Trou du Nord.
L'histoire a retenu beaucoup d'événements auxquels est associée la commune de Caracol. En voici quelques-uns: Christophe Colomb y passa son premier Noël quelques jours après son débarquement dans l'île; la Santa Maria, plus grand bateau du navigateur, fit naufrage dans ses eaux; les restes de Charlemagne Péralte reposèrent à Caracol dans la petite localité de Chape jusqu'en 1946 où ils y furent enlevés par les soins de la mère du martyr. On se souvient encore du passage du cyclone David en 1979, de la grande sécheresse de 1996, celle de 1997 si néfastes pour l'économie et l'environnement de Caracol.
(source : PADEDD du Nord-Est)
Caracol fait partie de la grande plaine du Nord qui longe les côtes des départements du Nord et du Nord-Est. Selon la classification agro-écologigue de Holledrige, elle présente les caractéristiques des régions semi-arides. Elle reçoit environ 750 mm de pluie l’an et sa température avoisine les 26,1°C. Les relevés topographiques la montrent comme une région à pentes douce, donc plutôt plane.
(source: PADEDD du NORD-EST)
Les sols. Les origines des sols ne sont pas bien connues. Ils sont limono-sableux, généralement de
couleur noire le long de la rivière de Trou-du-Nord et argilo-limono-sableux, très profonds en général, riches en matières organiques, mais mal irrigués.
L’eau. Les eaux de surface de la Commune de Caracol sont celles de la rivière du Trou- du- Nord et des affluents des ravines Celo, Salnavane et Grand chemin qui traversent les sections communales de Champin et Glaudine.
Ressources forestières. La strate arborée domine peu dans la zone. Elle avait été fortement éclaircie lors de l’installation de la compagnie HACOR (Haïtian Agricultural Coopération) au profit de la culture du sisal. Cependant, autour des maisons d’habitation et sur certaines parcelles, l’on remarque de grandes espèces comme le manguier, l’avocatier, le chêne, le sablier, le mombin, les bayahondes, les citrus et, sur les côtes, la forêt de mangroves. Une graminée connue sous le nom de « Zèb avyon » se développe abondamment dans la zone.
Mines et carrières. L’exploitation des ressources minières n’affecte nullement l’environnement de cette commune quoiqu’elle soit conduite de manière inorganisée au mépris total des règles techniques élémentaires. Elle concerne surtout les carrières de sable et des mines de roches de montagne.
(source: PADEDD du NORD-EST)
La pêche et le commerce. La pêche, principale activité économique des gens de Caracol, se concentre au niveau de la baie. Elle se fait surtout individuellement, avec deux ou trois pêcheurs par embarcation. Mais elle commence à s’organiser car deux organisations, KPK (Coopérative des pêcheurs de Caracol) et BMA (Brigadier maritime en action) ont été créées dans le but de réglementer la pêche dans la zone. Cette activité, déjà tributaire des conditions climatiques, s’exerce avec un équipement désuet :
sennes de plage, trémails, paniers, lignes et matériel de plongée, dans une aire qui s’étend du bord de mer de Limonade jusqu’à Fort Liberté et parfois jusqu’aux eaux territoriales de la République Dominicaine.
Les poissons comme : boutou, sarde, béquille, boute langue, « carangue », barrée, « Zo bleu » , congre, « pisquettes », homard et les écrevisses figurent parmi les espèces les plus exploitées. Généralement les produits sont conservés et vendus par boite, le prix variant de 1000 à 4000 gourdes dépendamment de la grosseur de l’espèce et la dimension de la boite.
Le commerce est caractérisé par des échanges de produits entre Caracol et la République Dominicaine : concombre, poulets de chair, salami, hareng et boissons alcoolisées, principalement le vin rouge. La vente des récifs coralliens à raison de 200 dollars le camion de mètres cubes, se pratique intensément dans la
commune. Ce commerce est surtout pratiqué par les femmes, alors que la vente des poissons s’effectue
directement par les pêcheurs, ou par le biais d’un spéculateur dénommé «agent».
Les marais salants. A Caracol, on consacre les mois de juillet, août et septembre à la construction des entrepôts et à la récolte du sel assurée exclusivement par les femmes les plus démunies des localités. Leur travail n’est pas rémunérée en argent mais en sel : 40% de la récolte leur revient et 60% au propriétaire des marais. Ce dernier conserve sa marchandise et la vend au prix fort à la période des pluies.
L’Agriculture. Deux périodes de plantation sont connues : mars et novembre. En raison des conditions climatiques difficiles, les activités agricoles se résument à l’établissement des parcelles d’arachide associées au vigna, pois congo et manioc (maïs associé au manioc, vigna et pois congo). Le haricot, le maïs et le giraumont sont aussi cultivés surtout au cours de la saison d’hiver (novembre), avec des risques assez élevés de perte. Il a été aussi remarqué des bananeraies le long de la rivière Trou du Nord. Deux périodes
de plantation sont connues : mars et novembre.
L’élevage. Il est en général libre, est aussi très peu développé avec les caprins, la volaille, les boeufs, les équins etc.
Le secteur financier. Une caisse populaire CAPONET fonctionne à Caracol.
Le tourisme. Caracol dispose de grandes possibilités tant pour le tourisme international que pour le tourisme local. Parmi ses sites historiques se distinguent la baie de Caracol où la Santa Maria fit naufrage, plus de 45 puits coloniaux non exploités à Madras, des galeries souterraines datant de la guerre des cacos, l’habitation Chabert, lieu d’inhumation de Charlemagne Péralte et Carrefour Jésus ainsi nommé depuis la découverte en ce lieu d’une statue d’origine inconnue.
Malheureusement les sites naturels sont en grande partie inaccessibles et les plages ne sont pas
aménagées. La zone reçoit toutefois des visiteurs, en général des missionnaires venus en pèlerinage. La commune peut s’enorgueillir de posséder l’une des plus grandes réserves de mangroves de l’île, deux belles plages (la baie de Sanson et Santa à Bassin Caïman).
(source: PADEDD du NORD-EST)
La santé. La commune de Caracol dispose de trois dispensaires placés dans la ville de Caracol, à Claudine et à Champin. Celui du bourg de Caracol emploie deux auxiliaires, deux agents de santé, une responsable du nettoyage et est doté d’un laboratoire malheureusement inopérant, faute d’électricité et
de personnel spécialisé. Pour ce genre de services, les habitants de la zone s’adressent donc à d’autres centres hospitaliers. La filariose, la malaria, la typhoïde, les infections respiratoires sont les maladies les
plus souvent soignées dans ces centres de santé.
L’éducation. Il existe maintenant à Caracol treize écoles primaires et deux écoles secondaires. Le personnel enseignant du lycée (17 professeurs) et administratif (directeur, censeur, surveillant général,
secrétaire) assurent la bonne marche de cet établissement qui, pour l’année 2002-2003 avait déjà un effectif de 176 élèves.
L’accès à l’eau potable. Le bourg de Caracol est alimenté en eau par des pompes à bras et quelques fontaines publiques; les sections communales utilisent l’eau des rivières et des sources non protégées. Le système de drainage. La commune de Caracol ne dispose d’aucune infrastructure de drainage. Les eaux de ruissellement dévalent les rues et y laissent des immondices et des sédiments qui rendent l’environnement insalubre et inesthétique.
Le réseau routier. Les routes, en terre battue pour la plupart, ne font l’objet d’aucun entretien régulier qui les rendrait praticables en tout temps. Dans les sections communales, où n’existent que des sentiers, la situation est encore plus difficile. Le transport est généralement assuré par des motos-taxis,
des camionnettes et même des bicyclettes. Le coût de la course varie, selon le type de transport, entre 10 gourdes (moto) et 25 gourdes (voiture).
(source: PADEDD du NORD-EST)
Sept organismes d’aide non gouvernementales opèrent à Caracol :
Plan International. La multiplicité et la diversité de ses interventions le font beaucoup apprécier par les populations de Caracol. Tout en facilitant la scolarisation des enfants par un système de parrainage, Plan intervient dans la construction des latrines et dans l’agriculture.
PAPAE (Programme d’appui à la mise en oeuvre du PAE / Plan d’Action pour l’Environnement). Le PAPAE conduit, entre autres, des activités de conservation et de protection des mangroves.
PAM intervient au niveau des infrastructures routières (réhabilitation de la route reliant Caracol à Champin, aménagement du pont de Caracol), de l’agriculture (établissement de grandes parcelles de maïs associées au pois inconnu et de giraumont) et des cantines scolaires.
CARITAS et IICA oeuvrent dans les domaines suivants : crédit agricole pour les femmes, agriculture, micro-crédit, production de sel, pêche et irrigation.
D’autres ONG ont des activités dans la commune: le SEFADES fournit des intrants agricoles, et le GRADES forme les cultivateurs à l’utilisation des charrues, tandis que le CRS et le CDS visent l’amélioration de la santé.
(source: PADEDD du NORD-EST)
Diverses organisations se forment pour mettre en commun leurs ressources et mieux orienter leurs
revendications. Parmi les principales :
A Jacquezyl : RPDJ (Rasanbleman Peyzan pou Devlopman Jakzi (RPDJ), KJD ( Komite Developman Jakzy (KJD)
A Kajou Jezi : APKJ (Asosyasyon Peyzan Kafou Jezi), APV (Asosyasyon Peyzan Volan )
A Champin : GPC (Gwoupman Peyzan Champin)
A Caracol : ORACADET (Asosyasyon Plantè Joumou Karakòl)
Le RDPJ : Cette fédération regroupe les organisations les plus importantes de Caracol.
(source: PADEDD du NORD-EST)